|
DOSSIER : LA MALADIE CHEZ LES BOVINSSommaire : Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB)
Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB) L'agent responsable de la maladie était présent dans certains cadavres ayant servis à fabriquer les F.V.O. (Farines de Viandes et Os). Tant que les traitements industriels des farines par la chaleur étaient suffisants, la transmission de la maladie n'était pas possible par l'intermédiaire de l'alimentation. La période d'incubation est longue et silencieuse (2 à 9 ans). L'évolution est lente (15 jours minimum). Cette maladie se caractérise chez les mammifères par des troubles du comportement, tels qu'une hyperexcitabilité, des grincements de dents, parfois une passivité, voire une somnolence excessive. Ensuite sont observés des troubles de la coordination, avec des tremblements de la tête et du cou, des anomalies de la vision, une perte de poids, et un prurit intense. La mort survient après quelques semaines d'évolution. En matière de ESB, le diagnostic de certitude ne peut être porté qu'après la mort de l'animal par l'examen histologique de l'encéphale..... La transmission de l'ESB par l'alimentation est la plus vraissemblable.
L'émergence de l'ESB depuis 1986 est peut-être due au passage
et à l'adaptation de l'agent de la tremblante du mouton aux bovins.
D'autres spécialistes suggèrent que cette maladie est partie
d'une vache portant une mutation sur la PrP. Elle aurait contaminé
le cheptel anglais en passant dans la chaîne alimentaire animale.
Dans les années 1930, ce sont deux vétérinaires
de Toulouse, J. Cuillé (1872-1950) et P.-L. Chelle (1902-1943)
qui montrent que la tremblante est une maladie transmissible et que sa
durée d'incubation, très longue, peut atteindre deux ans.
Ils évoquent, pour la première fois, la notion de maladie
virale à évolution lente. Dès 1937, les lésions
anatomopathologiques sont bien décrites : le cerveau présente
l'aspect d'une éponge. Les "trous" sont les zones où
le tissu cérébral et les neurones ont été
détruits. A cette époque, l'origine de la maladie est controversée.
Deux conceptions s'affrontent : celle d'une origine infectieuse et celle
d'une maladie héréditaire. Cette dernière hypothèse
prévaut alors. La nature de l'agent pathogène On ignore toujours la nature de l'agent pathogène. Au début
des années 1960, le vétérinaire anglais David Haig
réussit à transmettre la maladie à des souris après
inoculation de cerveau de mouton atteint, mais il ne parvient pas à
isoler l'agent pathogène. Tikvah Alper applique alors la méthode
de l'irradiation pour mesurer la taille de l'agent responsable de la maladie
(on déduit la taille de l'agent de la façon dont il est
inactivé par les rayonnements ionisants). Les résultats
sont surprenants : ce qui était considéré jusqu'à
présent comme un virus est beaucoup plus petit qu'aucun des micoorganismes
connus. Dans les années 1970, beaucoup considèrent encore les Encéphalopathies
Spongiformes Transmissibles comme des maladies virales. L'étude épidémiologique entreprise antérieurement par V. Zigas et C. Gajdusek en Papouasie-Nouvelle-Guinée avait montré qu'à partir de 1960 le nombre de morts par Kuru avait diminué. L'extinction progressive de la maladie semblait coïncider avec celle des pratiques de rites funéraires cannibales très particuliers impliquant le dépeçage et la consommation des cadavres, interdits par les autorités à partir de 1955. La maladie touchait alors, essentiellement les femmes et les enfants auxquels étaient dévolus le cerveau et les viscères des cadavres, alors que les muscles, symbole de force, étaient réservés aux hommes. Tous les cas de kuru survenaient après un festin cannibale. Des peuplades voisines pratiquant les mêmes rites ne développant pas la maladie, il en a été déduit que le génotype des Fores jouait un rôle essentiel dans la susceptibilité au Kuru. Quant à la maladie de Creutzfeldt-Jakob, qui a fait l'objet, dans
les années 1970, de grandes enquêtes épidémiologiques
en France, en Grande-Bretagne, au Japon, au Chili et en Italie, son incidence
était de 0,4 à 1 cas par million d'habitants. Les études
épidémiologiques françaises ont été
menées par Françoise Cathala, neurologue à l'Hôpital
de la Salpêtrière, qui collaborait avec C.Gajdusek et ses
collègues.
- Elles sont transmissibles, mais le plus souvent non contagieuses, au sein d'une même espèce et pour certaines, d'une espèce à l'autre - Leur évolution est lente, sans rémission, avec une longue période d'incubation sans symptôme qui peut durer, chez l'homme, plusieurs décennies. - Après l'apparition des premiers symptômes, l'évolution est rapidement fatale sans période de rémission. - Les lésions concernent exclusivement le système nerveux
central, comme le rappelle le mot "encéphalopathie". - L'examen du tissu nerveux, d'une biopsie de cerveau, permet de porter le diagnostic mais il n'existe à ce jour aucun traitement. - Les agents infectieux n'ont jamais pu être isolés. - Selon l'hypothèse la plus admise à ce jour, ces maladies seraient dues à l'accumulation dans le cerveau d'une protéine anormale dérivée d'une molécule normale, la PrP, présente chez l'individu sain. - Ce sont des pathologies lentes dégénératives confinées au SNC et évoluant vers la mort Dossier réalisé par C.V, publié le 9 février 2001 |
![]() |
|